La rébellion Zanj en Irak au 9ème siècle

créé par sandrine Nguefack
rébellion Zanj

Le terme « Zanj » (parfois « Zinj ») est un nom collectif qui apparaît dans les textes arabes médiévaux en référence aux Africains. Dans le califat, le mot Zanj faisait généralement référence aux africains esclavagisés.  Un certain nombre de propriétaires fonciers de Basran avaient emmené plusieurs milliers de Noirs d’Afrique de l’Est (Zanj) dans le sud de l’Irak pour drainer les marais salés à l’est de Bassorah. Les propriétaires fonciers soumettaient les Zanj, qui ne parlaient généralement pas l’arabe, aux travaux forcés et leur fournissaient une subsistance minimale. Une situation qui en 869, contribua à nourrir la révolution que nous connaissons aujourd’hui au nom de Rébellion Zanj ; l’un des soulèvements les plus historiques du monde prémoderne.

La naissance de la rébellion Zanj

En réalité, il y a eu 3 rébellions Zanj. Les deux premières rébellions n’ont pas duré très longtemps et les informations à leur sujet sont rares. La troisième rébellion est celle dont les érudits se sont souvenus et ont le plus écrit :

« C’était en 869 après JC. Les travailleurs noirs se déclarèrent libres et prirent les armes contre le pouvoir en place. Ils furent soutenus dans leurs revendications par des Perses et des Arabes qui admettaient qu’il existait la corruption et les injustices de leur société. »

La rébellion Zanj encore appelée Thawrat al-Zanj était un soulèvement de masse dans la région entourant Bassorah contre le califat abbasside de 869 à 883.

Elle a été diversement décrite comme une « guerre de classe typique » et la fracture croissante des conditions de vie entre la classe dirigeante et celles des travailleurs asservis. D’après les historiens, c’était aussi un « mouvement prolétarien basé sur une doctrine religieuse » puisque la rébellion était menée par un dissident religieux contre le califat abbasside.

La rébellion menée par Ali ibn Muhammad

En septembre 869, La rébellion a été incitée et dirigée par Ali ibn Muhammad, un mystérieux chef charismatique d’origine Perse revendiquant la descendance d’Ali, le quatrième calife, et Fāṭimah, la fille de Muḥammad incita les noirs et les prolétaires arabes à la révolte qui causera tant d’ennuis aux autorités centrales pendant une période de 15 ans.

Ali ibn Muhammad et sa bande de partisans attaquaient les plantations où travaillaient les esclavagisés et en ont libéré des milliers. Il promit aux esclavagisés qu’il les conduirait à la victoire, à la richesse et au pouvoir.  Il promit également qu’il les traiterait avec respect et dignité et qu’il ne les trahirait jamais. L’offre d’Ali était encore plus attrayante avec l’adoption du kharijite, un courant de pensée islamique qui affirme que, n’importe qui, même un esclavagisé noir, pouvait être élu calife.

Les forces de Zanj se développèrent rapidement en taille et en puissance, absorbant les contingents de noirs bien entraînés qui avaient fait défection des armées califales vaincues, ainsi que quelques paysans mécontents.

En octobre 869, ils vainquirent une force de Basran. Plus tard, une capitale Zanj au nom de Mukhtārah (en arabe : les élus), a été construit. Les rebelles ont pris le contrôle du sud de l’Irak en juin 870), un port maritime sur le golfe Persique, coupant les communications à Bassora, puis s’emparant d’Ahvāz dans le sud – ouest de l’Iran.

Les rebelles ont utilisé les marais pour mener une guérilla contre leurs ennemis. Ils ont vaincu plusieurs armées envoyées par les autorités locales à Bassorah et ont repoussé les forces califales envoyées pour les soumettre de Samarra et de Bagdad. Les Zanj n’ont été écrasés que lorsque le califat concentra une quantité considérable de son armée et de ses ressources, repoussant finalement les rebelles dans leur capitale. Même après le siège de la capitale rebelle, il a fallu 2 ans aux armées califales pour maîtriser la révolte. En août 883, renforcé par les troupes égyptiennes, al-Muwaffaq finit par écraser la rébellion, conquérant la ville et retournant à Bagdad avec la tête d’Ali.

La rébellion a prélevé un lourd tribut sur le califat. Les dommages causés à l’économie, à l’agriculture et au commerce ont été dévastateurs. Des milliers de personnes ont perdu la vie, les systèmes d’irrigation ont été détruits et d’innombrables villages ont été abandonnés. Même les grandes villes telles que Bassorah et Wasit ont été prises et saccagées par les rebelles, laissant une grande partie de la région dévastée et dépeuplée. Le califat a souffert de pertes de revenus et de prestige et s’est encore fragmenté avec des dynasties régionales et un califat rival se levant pour contrôler une grande partie de son territoire, laissant les califes abbassides avec peu de pouvoir réel au-delà de la capitale.

 

Sources

Ghada H. Talhami, ‘The Zanj Rebellion Reconsidered’ in The International Journal of African Historical
Studies. 10(3), 1977, pp433-461. (p453).

 

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