Ces athlètes noirs sud-africains qu’il faut réhabiliter

Il est important de raconter les histoires d’athlètes et d’entraîneurs comme Eland et Pillay en Afrique du Sud durant l’Apartheid et partout dans le monde afin de rétablir les faits. L’historiographie sportive noire est un chapitre encore à décoloniser et à écrire. Un moyen de redresser une exclusion qui a duré des siècles.

 William Ronald Eland

Né dans la province du Cap, en Afrique du Sud, Ron Eland était le meilleur athlète à son poids dans son pays natal dans l’immédiat après-guerre, mais s’est vu refuser la concurrence internationale parce qu’il était considéré comme «coloré» par les lois de l’apartheid en Afrique du Sud. Il a été encouragé à se rendre à Londres et, étant donné qu’en droit tous les citoyens sud-africains étaient également citoyens britanniques, il a tenté de se faire une place dans l’équipe olympique britannique. Il a remporté le titre britannique et a été choisi pour les Jeux Olympiques de 1948 dans la catégorie des poids légers. À son meilleur, il aurait pu être considéré comme un prétendant à la médaille, mais une crise d’appendicite a ruiné ses chances et il s’est classé en dehors du top dix. Il a également participé à la musculation et a terminé 3e au concours Mr. Universe de 1948. Eland est devenu plus tard entraîneur pour les équipes d’haltérophilie britannique et canadienne. Il a enseigné pendant la majeure partie de sa vie professionnelle et, après avoir émigré au Canada, a obtenu des diplômes en sociologie et en éducation respectivement à l’Université York et à l’Université de Toronto. Après la fin de l’apartheid, il est retourné dans son pays natal où il a finalement été reconnu pour ses réalisations.

Coomerasamy Gauesa (Milo Pillay): Un pionnier

 

Des récits officiels ont toujours présenté Bennie Oldewage et Oliver Clarence Oehley, des haltérophiles blancs, comme étant les pionniers de l’haltérophilie en Afrique du Sud. Sans prétention, nous pensons que Coomerasamy Gauesa (Milo) Pillay un Indien né à Queenstown en Afrique du Sud répresente le passé de l’haltérophilie sud-africaine. 

A Gelvandale à Port Elizabeth une ville sud-africaine où il s’est installé, Pillay a fait la promotion de l’haltérophilie en tant que sport.

D’après son témoignage, rapporté par le journal The Sun du 23 novembre 1951, il commença à s’entraîner en 1920 avec des rails et deux poids qu’il utilisa comme balances. Il a été inspiré par l’allemand Herman Goerner et Elmo Lincoln dans le film “Tarzan des singes”.

En 1929, il fonda l’école Apollo d’haltérophilie, qui devint plus tard l’Académie Milo. C’était, inhabituel pour l’époque, ouverte à toutes les races. C’était le premier club d’haltérophilie de Port Elizabeth à s’affilier à la Ligue internationale de santé et de force, ainsi qu’au premier club d’haltérophilie de la ville (et peut-être de l’Afrique du Sud). L’Union d’haltérophilie de la Province de l’Est et la Fédération d’haltérophilie d’Afrique du Sud doivent leur existence à l’Académie Milo.

En 1935, suite à une déchirure, il se retira de l’haltérophilie actif et devint conseiller technique de l’Eastern Province Haltérophilie Union. Il continua par ailleurs à militer pour les sports non-raciaux. En 1947, il écrivit à l’Association des Jeux Olympiques et de l’Empire Britannique d’Afrique du Sud afin de faire participer les athlètes non-européens de l’Académie Milo (des boxeurs amateurs, des lutteurs, des haltérophiles) aux Jeux Olympiques de Londres.

D’après l’activiste anti-apartheid Dennis Brutus est possible que le mouvement sportif non racial d’Afrique du Sud ait effectivement commencé avec Pillay.

 

En savoir plus ici Indians in South Africa before 1960 

History of a Vision Around the World – Book of Abstracts